Sous le charme des

Iles Eoliennes - Sicile

Texte et photos : Brieuc Coessens

Elles font partie de ces chapelets d’îles qui se prêtent parfaitement à la découverte pédestre, de ces destinations toutes proches et en même temps dépaysantes, de ces terres qui racontent et se racontent, respirent et vibrent au rythme de ce qu’elles sont : d’improbables bouts de caillou cernés des éléments les plus hostiles, balayés par les vents, et habités de rares individus dont on se demande bien ce qu’ils sont venus chercher là. Au catalogue, on pourrait citer les Cyclades, les Açores, certaines des Canaries, le Cap Vert… Mais aucune de celles-ci, malgré leurs points communs, n’offre le spectacle d’un volcanisme actif et d’éruptions permanentes comme peuvent le faire les îles Eoliennes ! Telles des confettis dispersés en mer Tyrrhénienne, les îles Eoliennes constituent un univers à part, où s’épanouit une douceur méditerranéenne entre effluves maritimes et vapeurs volcaniques. Un Eden pour les amoureux des îles et les amateurs de randonnées sauvages !

Dix-sept îles à nos portes

A un peu plus de 1500 kilomètres de Paris, au Nord de la Sicile, l’archipel des Eoliennes compte dix-sept îles, dont sept seulement sont habitées : Lipari, Salina, Vulcano, Stromboli, Panarea, Filicudi et Alicudi. Elles couvrent un total de 115 km2, que se partagent seulement 13.800 âmes. Sur deux d’entre elles – Alicudi et Stromboli – il n’y a pas la moindre route. Sur les autres, sinon sur Lipari – leur chef-lieu – c’est presque inutile. Si toutes sont d’origine volcanique, seules Stromboli et Vulcano sont encore en activité ; mais par leur relief, leur végétation, leurs infrastructures minimalistes, leur proximité mutuelle et leur personnalité respective, les Eoliennes constituent une destination idéale pour le voyage à pied, garantissant immersion dans un environnement plus que singulier, et découverte d’un monde géologique fascinant !

L’île principale, Lipari, est la seule à compter une véritable ville, qui  constitue le centre de l’activité économique de l’archipel. Les trois-quarts de la population des Eoliennes y résident. Peuplée par les Grecs dès l’Antiquité comme en témoigne le très beau musée archéologique local, Lipari possède une belle liste de sites touristiques et un parc hôtelier fourni, dont des campings, ce qui en fait un lieu de séjour idéal pour des excursions à la journée vers les îles voisines. Au passage, on ne manquera pas d’en faire le tour, visitant les anciennes carrières de pierre ponce, de kaolin ou d’obsidienne, la citadelle ainsi que la vieille ville, et marquant sur de splendides points de vue (voir encadré).

Pour ceux dont le temps serait compté, Vulcano et Stromboli se suffisent parfaitement à elles-mêmes par le spectacle qu’elles offrent et l’expérience volcanique qu’elles proposent ! Certes, c’est court, mais largement faisable en une semaine aller-retour depuis Paris, mais intense, odorant et difficilement oubliable !

L'empereur Stromboli

ll faut compter cinq heures de navigation en ferry depuis Milazzo – la moitié en hydroglisseur – pour atteindre Stromboli, la plus septentrionale et orientale des Eoliennes. Y mettre pied procure le sentiment étrange de pénétrer dans un monde de Lilliputiens. On aborde l’île par un unique petit quai de béton.  Il n’y a aucune infrastructure. Pas de routes. Juste trois bourgs composés de maisons basses toutes collées les unes aux autres. Les pentes sont directes, les venelles étroites, et pour seuls véhicules, on ne compte que des triporteurs multicolores, dédiés à tous les usages. Le calme est profond : il n’y a pas de bruit. Uniquement le cri des goélands, la caresse du vent et le lointain fracas de vagues. L’endroit est lumineux, verdoyant, reposant…

Mais toute la journée, on entend régulièrement gronder dans l’atmosphère un grognement sourd, rugueux, profond. Comme un monstre tapis au fond d’une caverne. C’est IDU ! Idu, c’est « lui » en sicilien, « le » en italien. Le volcan !

Sur Stromboli, impossible d’ignorer qu’il est là. Où que l’on se situe sur l’île, les cratères actifs ne sont jamais plus éloignés que de 2700 m. Et même si c’est pour lui qu’on vient, la surprise de certains grondements plus puissants que d’ordinaire est presque frissonnante, lorsqu’on la vit pour la première fois ! Car Idu est constamment présent !  A toutes les heures du jour et de la nuit. Parfois rugissant, éructant, hurlant ! Parfois plus doux, somnolent.

La partie actuellement active du volcan, formée il y a moins de 5000 ans, est réputée en éruption quasi continue depuis des siècles. La totalité de l’édifice volcanique prend naissance à 2 000 m sous la mer, la partie émergée culminant à 926 m.

Bivouaquer ? Soyez rusé !

Stromboli est  le plus régulièrement actif des volcans européens. Parfaitement conique, et couronné d’un panache de gaz, il présente une image d’Epinal irréprochable !  Ses éruptions se produisent à la fréquence moyenne de quelques minutes ou dizaines de minutes, sous forme de projections incandescentes de scories ou de fragments de laves, d’une durée maximale de quelques secondes. La prétendue régularité des explosions a été la cause de plusieurs accidents graves. En effet, des arrêts éruptifs peuvent durer plusieurs jours ou plusieurs mois, pendant lesquels ne s’exhalent que des fumerolles. Inversement, il arrive que des paroxysmes soudains fassent pleuvoir des projectiles sur l’île toute entière, ou occasionnent des coulées de lave.

Bref, même s’il se laisse facilement approcher, Stromboli demeure un volcan, dangereux, imprévisible, et surveillé comme tel. C’est la raison pour laquelle on ne peut y randonner tout-à-fait  librement. Toute la zone périphérique du sommet est classée réserve naturelle à partir de la courbe de niveau 400 m, et il est interdit d’y pénétrer sans un guide officiel, sous peine d’une très forte amende. Cependant, les éruptions peuvent très bien s’admirer en contre-plongée depuis le belvédère de la Sciara del Fuoco, pour un bivouac d’exception entre mer et montagne (voir encadré) !

Bains de boue

A une distance de 40 km au Sud-Ouest de Stromboli, l’île de Vulcano ne fait pas moins forte impression. Même si sa dernière éruption violente remonte à 1890, le Vulcano Fossa est toujours considéré en activité, et fait lui aussi l’objet d’une surveillance constante. Pour preuve, les puissants dégagements de sulfure d’hydrogène qui, issus de sources chaudes à deux pas du rivage, assaillent le visiteur d’une odeur d’œuf pourri avant même l’accostage de son bateau !

Vulcano est la plus méridionale des îles Eoliennes, la plus proche de la Sicile aussi. Composée d’un double cratère et de la presqu’île de Vulcanello, elle constitue le sommet émergé d’un volcan qui culmine à 499 mètres d’altitude au mont Aria. Bien visible grâce à sa forme caractéristique et à ses fumerolles qui émanent d’un sol jauni par les cristaux de soufre, le cône du Vulcano Fossa situe le siège de l’activité volcanique de l’île. Si l’ascension ne prend qu’une petite heure par un sentier facile, et bien qu’aucune projection de lave n’y soit visible depuis plus d’un siècle, le sol tourmenté des abords du cratère et le cheminement dans les fumerolles offrent une expérience aussi unique que les explosions de Stromboli !

Mais avec ses voitures, ses campings, ses hôtels-clubs et ses discothèques, Vulcano révèle bien moins aisément ses charmes que son imprévisible voisine. Pour en profiter pleinement, on vous conseille d’explorer la Vallée des Monstres sur Vulcanello et l’ascension du mont Aria. Tous deux sont aisément accessibles à pied depuis l’unique route de l’île.

Enfin, l’expérience volcanique ne saurait être complète sans une immersion – payante ! – dans les peu ragoûtants bains de boues sulfureuses, aux vertus réputées thérapeutiques, mais qui vous occasionneront d’imprégner tout votre corps et vos vêtements d’une odeur minérale que vous conserverez sur vous plusieurs semaines après votre retour ! De quoi vous rappeler longtemps les souvenirs de ce voyage à la croisée des sens !

Alicudi, le bout du monde

Si les autres îles n’ont plus de volcanique que leur origine et leur forme, elles n’en valent pas moins qu’on s’y arrête au moins une journée ; toutes, en effet, présentent un charme différent, une curiosité sinon une ambiance particulière qui méritent le détour, une singularité et une diversité qui donnent aux Eoliennes bien des raisons pour qu’on s’y rende et s’y attarde.

Salina, la forestière, toute vêtue de vert et d’or, avec ses volcans jumeaux recouverts de pinèdes et son vignoble de Malvoisie, ce fameux vin des dieux à la robe dorée. Panarea, la jet-seteuse, superficielle et inaccessible sans les cooptations du milieu, peuplée d’artistes et de fêtards de passage juste pour  une nuit, bordée de yachts et de voiliers de rêve.

Puis Alicudi, l’intemporelle… Sans conteste, notre coup de cœur ! Sur cette terre, c’est à croire que le monde industriel n’est jamais arrivé. 5km2, 105 habitants permanents. Le relief conique d’un stratovolcan plongeant ses pentes raides directement dans la mer, de maigres  cultures en terrasses jusqu’en dans les cratères sommitaux, et des chemins en escaliers parcourus par des ânes et des porteurs. On est au bout du monde, et dans la nuit des temps ! On y trouve un unique  hôtel et quelques cases de pêcheurs pour se loger, le silence profond d’une île aussi peu courue que desservie, un confort et des commodités plus que minimalistes… La terre est aride, extrêmement pentue, reclue et éloignée de tout. Les hommes y sont rares, discrets, un brin endormis, souvent âgés. Tous pêcheurs ou anciens pêcheurs, véhiculant à eux seuls toute la torpeur de l’île rien que dans leur façon de marcher. On est loin, très loin de la civilisation européenne, telle que nous la connaissons ! Mais séjourner ici est un véritable luxe, un concentré de retraite et de repos ! Far niente, ne rien faire. Et randonner un peu vers le sommet. Nous, on a adoré se retrouver ainsi seuls, déconnectés de tout !

Filicudi, ou le lâcher-prise

Son île sœur, Filicudi, est à peine plus peuplée. 250 habitants, 9,5 km2. 774 m d’altitude au point culminant, des pentes tout aussi raides et des terrasses, encore, souvent abandonnées. Une seule route reliant les minuscules ports de Filicudi Porto, Pecorini a Mare et le bourg de Valdichiesa, sur les hauteurs. Si l’on trouve à s’y loger, la randonnée entre les cinq sommets de l’île peut y être fort agréable, en particulier au printemps quand les genêts sont en fleurs. La visite du site préhistorique de cap Grazziano, quant à elle, vaut largement qu’on vienne marcher quelques heures sur ces terres, avant de retourner vers Lipari ou Milazzo, où l’on comprendra vite, après avoir bouclé la boucle, que la richesse d’un voyage réside pour beaucoup dans la part d’inattendu et la diversité des lieux parcourus. Allez-y sans attente, flânez, marchez, découvrez ! Accordez-vous le temps de vous laisser coincer sur Stromboli, Alicudi, ou Filicudi par une tempête. Vous goûterez à la contrainte subliminale du lâcher prise, toucherez du doigt un bout d’ennui. Vous saurez alors que sans un arpent de terrasse à cultiver ou une barque de pêche à sortir quotidiennement à l’aube, l’homme moderne n’a pas vraiment sa place sur ces îles minuscules. Mais c’est bien pour cela qu’on vous conseille d’y aller : leur faux silence et les respirations de la terre sont tout ce qui vous manque pour vous reconnecter au sol et à vous-même. Le voyage y prend des allures mystiques, et vous trouverez forcément une Eolienne à votre image !

A déguster :

La Malvoisie, un cépage d'or !

La Malvoisie, ou Malvasia, est le nom donné à un groupe de cépages méditerranéens originellement cultivés à Monemvasia, ancienne ville fortifiée du Sud du Péloponnèse. Elle aurait été importée dans les Eoliennes dès le VIème siècle av. J.-C. par les premiers colons grecs. Qualifié de « vin des volcans » par Maupassant, le Malvasia est un vin doux à la robe dorée, riche en arômes et long en bouche, parfois liquoreux, qui bénéficie d’une appellation d’origine contrôlée depuis 1973. En principe, il peut être produit dans les sept îles habitées des Eoliennes, mais les deux tiers de la production concernent Salina, la part restante se répartissant entre Lipari, Stromboli et Panaréa (90 ha pour l’ensemble de l’appellation, 250.000 bouteilles/ an).

Stromboli

ATTENTION : volcan actif

Si le régime ordinaire du Stromboli se caractérise par de courtes explosions à intervalles réguliers, le Stromboli connaît chaque décennie des  phases paroxysmiques qui peuvent être redoutables et même nécessiter l’évacuation de l’île. Ainsi, en 1916, puis en 1919, des blocs de plusieurs tonnes défoncèrent des maisons de San Bartolo et Ginostra, tandis qu’en 1930, une éruption très violente produisit une nuée ardente qui tua 6 personnes. D’autres manifestations effusives, accompagnées de coulées, ont eu lieu en 1954-1955, 1966-1967, 1971, 1975 et 1985-1986. Idem en 2003, 2007, 2010, 2013 et 2014. Entre 2002 et 2003, une éruption paroxysmique produisit une coulée qui dura plus de 6 mois. Une forte reprise d’activité fut encore observée fin 2017.

La meilleure période pour découvrir les Eoliennes s’étend d’avril à octobre. S’il peut y faire très chaud en été, il peut aussi y faire très froid au printemps et à l’automne sur les sommets. Ceci vaut surtout pour Stromboli, où l’observation du volcan amène à rester de longs moments statique et exposé au vent, dans la fraîcheur de la nuit. Toute la panoplie du parfait randonneur est donc nécessaire, y compris gants et bonnet !

Du 15 mars au 31 octobre, départ tous les jours dans l’après-midi (heure variable selon la saison), arrivée au sommet au coucher du soleil (environ 3 heures d’ascension), une heure au sommet, puis descente de nuit. Deux agences, Magmatrek et Stromboli Adventures, se partagent le marché, sous réserve des conditions météo. 120 personnes maxi par soir au sommet, donc réservez en amont du voyage ou dès votre débarquement sur l’île. 28 €/ pers.

Iles Eoliennes : INFOS PRATIQUES

Les îles Eoliennes s’égrainent en forme de « T » 70 km au Nord-Ouest du détroit de Messine. Les 17 îles de l’archipel ne totalisent que 115 km2, soit la superficie de Paris, pour environ 13.500 habitants (119 hab/km2). Les trois-quarts de la population vivent à Lipari, seule véritable ville. Sur les autres îles, ils sont souvent âgés et vivent principalement du tourisme, de la pêche et d’un peu de viticulture.

Colonisées par les Grecs vers -580, les îles Eoliennes furent florissantes jusqu’au XIXème siècle, avec une économie traditionnelle basée sur l’agriculture. Mais dans les années trente, le mildiou détruisit la plus rentable des cultures, celle des vignes, entraînant le dépeuplement de l’archipel. Popularisées par le cinéma à partir de 1950, elles furent classées au patrimoine mondial de l’Unesco en 2000.

En avion jusque Catane ou Palerme. Plusieurs liaisons quotidiennes en hydroglisseur (aliscafo) au départ de Messine (2h), Milazzo (1h50), Cefalu (3h) et Palerme (4h40). Liaisons en ferries également (plus lents, moins chers), mais interdiction aux non-résidents d’embarquer leur voiture pour les Eoliennes en été ; qu’importe, la marche est idéale pour découvrir pleinement l’archipel !

Pas de campings dans les Eoliennes sauf à Vulcano et Lipari. Bivouac ou camping sauvage compliqués (pentes raides, zones protégées…).  La meilleure option consiste à se loger dans les « casas » des chambres meublées chez l’habitant proposées sur chaque île dès le débarquement. En n’étant pas trop exigeant et en séjournant  plusieurs nuits, vous arriverez peut-être à négocier une chambre à 30 €/pers.

La meilleure période pour découvrir les Eoliennes s’étend d’avril à octobre. S’il peut y faire très chaud en été, il peut aussi y faire très froid au printemps et à l’automne sur les sommets. Ceci vaut surtout pour Stromboli, où l’observation du volcan amène à rester de longs moments statique et exposé au vent, dans la fraîcheur de la nuit. Toute la panoplie du parfait randonneur est donc nécessaire, y compris gants et bonnet !

Iles Eoliennes : NOS INCONTOURNABLES, A PIED

Randonnée en terre de souffre

Accessible en 40 minutes d’Aliscafo depuis Milazzo, fréquentée pour ses bains de boue, Vulcano est ultra-touristique en haute-saison, et l’odeur très âcre du sulfure d’hydrogène est omniprésente. Impossible d’y échapper et de ne pas en être imprégné durablement, mais la randonnée au sommet du Vulcano Fossa se doit d’être faite ! Panorama époustouflant sur Lipari et les autres Eoliennes, dans un décor lunaire !

A savoir : Attention, les fumeroles en bordure du cratère peuvent être extrêmement toxiques et causer la mort en cas d’exposition prolongée. N’y trainez donc pas !

Tour du cratère

D+/- : 399 m – Altitude max : 399 m – Durée : 3 h A/R – Distance : 5 km – Difficulté : F

Faites comme tout le monde, quittez le port en direction de l’Ouest par la route de Lentia et Gelso/ Vulcano Piano, puis suivez les flèches « Al cratere » : vous ne pourrez pas vous tromper ! Si vous n’êtes pas rassasiés, Il est possible d’effectuer une boucle pédestre longeant l’ancienne caldeira par le Monte Saraceno (481 m) et le Monte Aria (500 m), formant un fer à cheval au Sud de l’île et enserrant le Vulcano Fossa (voir carte des sentiers).

Randonnée en terre d’histoires

En plus de sa vieille ville, de sa citadelle, sa cathédrale et son musée archéologique, Lipari mérite qu’on y reste quelques jours pour visiter les carrières d’obsidienne, de kaolin et de pierre ponce, laissées telles quelles depuis leur abandon soudain au début des années 2000, lors du classement des Eoliennes à l’UNESCO. En complément, la randonnée proposée ici permet de découvrir l’intérieur de l’île et de bénéficier de superbes points de vue !

Traversée Sud-Nord : du belvédère de Quattrochi à Aquacalda

D+ : 400 m – Altitude max : 370 m – Distance : 11 km – Durée : 4 heures – Difficulté : PD

Au départ du port de Lipari, rejoindre en bus le belvédère de Quattrochi. Splendide panorama sur les faraglioni (d’anciennes cheminées volcaniques émergeant de la mer) et sur Vulcano. Poursuivre vers Pianoconte, puis prendre la petite route vers San Calogero, dominant la mer. Randonnée particulièrement fleurie au printemps. Visiter le site de San Calogero, abritant les plus anciens thermes grecs connus, d’où l’eau jaillit à 60°. A partir de là, on plonge vers la mer par un beau sentier, puis on emprunte un superbe sentier-balcon dévoilant les îles d’Alicudi, Filicudi, puis Salina. Un sentier remontant sur la droite mène aux anciennes mines de kaolin, réputées pour leur camaïeu d’ocres. Continuer jusque Quattropani (belle église), puis Aquacalda, tout au Nord de l’île, d’où l’on rejoindra notre point de départ en bus.

Surprise forestière !

Formée de deux volcans jumeaux dont l’un constitue le point culminant des Eoliennes (962 m), l’île de Salina est la deuxième île de l’archipel tant en superficie que par sa population. Réputée pour son vignoble de Malvoisie, bien présent au centre de l’île notamment dans la vallée séparant les deux cônes volcaniques, elle tire son nom d’anciennes salines, qui en firent la prospérité.

Monte Fossa delle Felci

D+/- : 1000 m – Altitude max : 962 m – Durée : 5h A/R – Distance A/R :  11 km – Difficulté : D

Joli parcours arboré en sous-bois aussi humides qu’inattendus. Sentiers raides et glissants, recouverts de mousses, nombreux lacets. Suivre les rares flèches au départ de Santa Marina. Au sommet, panorama à 360° sur tout l’archipel, et sur le Monte dei Pori, le cône parfait du volcan jumeau.

Des plages et des fêtes

Si vous recherchez isolement et paysages sauvages, ce n’est sans doute pas à Panarea qu’il faudra vous arrêter. La plus petite île de l’archipel (3,4 km2) est surtout connue pour ses fêtes et ses plages. La Cala Junco, la Punta Milazzese et la Cala dei Zimmari méritent le détour, tandis que le point culminant de l’île – la Punta del Corvo, 421 m – s’atteint aisément en moins d’une heure.

Le Phare de la Méditerranée

La plus incontournable et la plus connue des Eoliennes. Nombreux groupes débarquant à la journée ou juste le temps de la randonnée vespérale au sommet, encadrée et payante. En plus de celle-ci, on ne saurait trop vous conseiller de vous rendre au belvédère de la Sciara del Fuoco – une combe en versant Nord de l’île dans laquelle se déversent tous les produits éruptifs – offrant de très belles vues sur les explosions. Bivouac possible.

Le sommet du volcan depuis San Vincenzo (en groupe, avec guide obligatoire):

D+/- : 918 m – Altitude max : 918 m – Durée A/R : 6h – Distance A/R : 5,4 km – Difficulté : AD

Terrain instable, pentes raides, conditions parfois difficiles au sommet et descente nocturne imposent d’être à l’aise en randonnée. Même en été, il peut faire très venté, humide et froid  au sommet. Les guides se réservent le droit de refuser des clients s’ils jugent l’équipement individuel non adapté. Attention à réserver l’excursion bien à l’avance, au plus tard dès votre arrivée sur l’île, car les visiteurs sont nombreux à débarquer pour un jour, et les places sont limitées !

Randonnée à la Sciara del Fuoco :

D+/- : 400 m – Altitude max : 400 m – Durée A/R : 3h – Distance A/R : 6 km – Difficulté : PD

Départ depuis l’église de San Vincenzo, montée directe derrière l’église en direction d’une antenne par un petit chemin bétonné. A la cote 90 m, on rejoint un sentier ascendant à flanc de coteau, que l’on emprunte à main droite en traversée jusqu’à la cassure de la Sciara del Fuoco. Monter jusqu’au belvédère. Descente directe le long de la Sciara jusqu’à la mer, puis retour au point de départ par le chemin pavé longeant le littoral.

Un avant-goût d’ultime

Halte logique sur la route de l’ultime, lointaine Alicudi, Filicudi en est en quelque sorte une introduction profonde. Si vous n’appréciez pas flâner ici, inutile de poursuivre le périple. Vous ne trouverez rien de plus sur la suivante, sinon du « plus raide », « plus isolé », « plus rudimentaire », « plus dépeuplé ». On a presque tout dit, ainsi, sur Filicudi, et c’est vraiment déjà pas mal !

ValdiChiesa – Monte Fossa delle Felci (A/R) – Pecorini – Cap Graziano

D+ : 900 m – Altitude max : 774m – Durée : 7 h – Distance : 8 km – Difficulté : D

A la sortie du port, longer la mer sur 200 m par la seule issue possible jusqu’à une petite place et prendre à droite la première venelle menant derrière la rangée de maisons. Suivre le chemin pavé jusqu’à l’église, puis emprunter le chemin de terre en direction du sommet de la Fossa delle Felci (774 m). Descente par Pecorini, puis le cap Graziano et son village préhistorique, et retour au  port.

Retraite spirituelle sur l’île des marches

Son point culminant n’excède pas 666 m d’altitude, mais elle a de quoi effrayer même le plus aguerri des randonneurs : pentes raides garanties dès le débarcadère, bienvenue dans l’enfer des marches ! Quelques maisons s’étageant au fil des coteaux, d’innombrables terrasses, et partout, partout, des escaliers ! Rien n’est facile ici, pas même le temps qui passe, mais c’est pour ça qu’on y vient ! Prenez quand même un livre, on ne sait jamais…

Alicudi Porto – San Bartolo – Montagnola et Planure – Alicudi Porto

D+ : 800 m – Altitude max : 666 m – Durée : 5h – Distance : 6 km Difficulté : D

Du « port », prendre le chemin pavé qui s’élève au-dessus des maisons en direction du Nord/ Nord-Est, s’engager dans les escaliers en suivant le balisage violet (tâches de peinture) jusqu’à l’église San Bartolo. Poursuivre la montée jusqu’à La Montagna et bifurquer vers l’Ouest pour rejoindre La Montagnola, le point culminant de l’île. Revenir sur ses pas vers La Montagna et prendre à gauche le chemin menant à Planure en traversant l’ancien cratère sommital. Retour par le même itinéraire.